Étude préliminaire sur le regroupement et la dispersion des croyances populaires - 中欧社会论坛 - China Europa Forum

Étude préliminaire sur le regroupement et la dispersion des croyances populaires

Auteurs : Jin Ze

Extrait de «  《Recherches sur les minorités ethniques du nord-ouest de la Chine》N°2, 2002, P.146-157 »

Les croyances populaires sont des croyances et des pratiques religieuses enracinées dans la vie des gens. Elles ne font pas partie des religions créées, mais plutôt des religions spontanées. Il s’agit de religions dynamiques, qui existent de l’époque préhistorique jusqu’à l’époque moderne et contemporaine et exercent leurs influences dans tous les domaines sociaux. Différentes des religions populaires, ces croyances ont un caractère dispersé au niveau de leur structure organisationnelle. Sur le plan de leur structure synchronique, les croyances populaires, ne constituant ni une culture dominante ni une grande religion dans le système culturel et social, se rangent dans la catégorie des traditions mineures, celle des cultures folkloriques régionales. Au point de vue historique, ces croyances populaires ont un passé plus long que toute religion créée intentionnellement. Ici le mot «populaire» veut dire que ces croyances appartiennent à l’ensemble de la société.

La prise de pouvoir par un gouvernement étranger ou la division sociale à l’intérieur d’un même peuple peuvent transformer certaines religions spontanées en croyances populaires. Dès lors, on entre dans un processus de dispersement vertical: des religions dominantes, on passe à des croyances populaires, qui , à terme, forment les coutumes populaires. Il y a aussi un dispersement horizontal, qui désigne l’apparition incessante de mouvements de création de dieux sous deux formes: celle de la divinisation de personnages humains décédés et la déformation par la rumeur de faits historiques. Le regroupement des croyances populaires est une action qui se caractérise par son aspect intentionnel et conscient, avec la volonté délibérée de créer une religion. La transformation de l’école dite des «Cinq boisseaux de riz» en religion taoïste en est un bon exemple. La tradition culturelle de la société chinoise a fait des croyances populaires le terreau des religions naissantes.

Dans quelle direction s’oriente le regroupement de croyances populaires? On peut étudier cette question sous trois angles: l’orientation religieuse, politique et syncrétique. L’orientation religieuse montre si, au niveau des croyances, les croyances et religions populaires sont compatibles ou non, et dans quelle mesure, avec les religions et les idéologies orthodoxes. Dans les sociétés monothéistes traditionnelles, les croyances et religions populaires sont bien souvent rejetées. En revanche, dans les sociétés plurithéistes, il existe une affinité structurelle entre elles et les religions orthodoxes, même si un rejet mutuel est toujours possible. L’orientation politique indique si les croyances populaires sont ou non en accord avec la ligne politique du pouvoir étatique, si elles indiquent une soumission ou une opposition au pouvoir d’Etat. Les religions, qui ont une incidence sur le mode de vie de base d’un individu ou d’une société ainsi que sur l’échelle des valeurs, sont nécessairement liées au pouvoir d’État avec lequel se crée une relation politico-religieuse. L’orientation syncrétique désigne la relation qu’entretiennent les croyances et religions populaires avec les religions classiques au niveau culturel, une relation visant à se diviser ou à fusionner et dans quelle mesure. La division continue du bouddhisme a facilité son intégration à la culture chinoise et sa propagation dans le peuple. C’est à cela qu’elle doit son enracinement populaire et sa modernisation; le syncrétisme permanent du taoïsme religieux a fourni un vecteur réaliste et concret à l’ascension des croyances populaires et à la transformation des idéologies dominantes en religions. Il a aussi contribué à injecter sans cesse un sang et une énergie nouveaux aux religions classiques.

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